dimanche 13 mars 2011

Doux

Comme d'habitude
Ma vie, ma proie
Sauter sur toi,
Te deflorer
Encore une fois
Le cas écheant
Avec ta voix
Disant comme ça:
Doucement, doucement!

lundi 3 janvier 2011

Une Dictée Célèbre

La célèbre dictée est de Prosper Mérimée, selon plusieures sources bien accréditées. Les résultats son également célèbres. Il semble que personne ne savait orthographier à l'époque dite belle. Moi je ne sais non plus, mais avec quel soulagement après la dictée!

Voilà le texte, dans une de ses versions connues.

« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut.

— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

dimanche 16 mai 2010

Anthropozoomorphisme

Avec mes cheveux presque possibles, j’arrive chez toi comme un mouton , n'est-ce pas?
Là, trop souvent je deviens un paresseux d'Amérique tropicale appartenant au super-ordre des xénarthres.
Ensuite, fourmi qui aime le sucre, ou écureuil aux longs doigts à jouer sans arrêt de ta guitarre, chez moi.
Oui, Petite, je suis un véritable partisan de l’anthropozoomorphisme.

mercredi 9 décembre 2009

Les droits d'un homme


Ici la traduction d'un poème de Neo-Orkuteiro, Rights, publié en Me and my english.
"En français aussi, pourquoi pas?" c'est ce que je me suis demandé au moment de me décider pour la traduction.
Et pour une autre raison, plus profonde et indisible: ce texte parle beaucoup de moi-même.
De nous tous, peut-être.


Droits

De quel droit j’ai volé si haut 

Et me suis caché dans mon déguisement transparent ?

De quel droit j’ai cru en autant de mensonges 

Et n’ai pas fais attention aux mots sages ?


De quel droit j’ai plongé si profondement

en moi-même, par amusement, par caprice ?

J'ai perturbé un essaim endormi,

et j'ai encore des aiguillons plein la peau.


L'heure est venue pour moi de savoir

combien je me suis trompé, trompé, trompé !

Mon coeur idiot, si faible, si vil,

comment a-t-il pu aimer autant, si fort?

jeudi 29 octobre 2009

Mes dictionnaires ici aussi, pourquoi pas?

Une adresse qui ceux qui ont n’importe quel rapport avec la langue française font du bien de connaitre est
http://francois.gannaz.free.fr/Littre/accueil
Rien de moins. Le Littré. Quel grand dictionnaire!

Cette vieille merveille lexicographique a déjà fourni de nombreux services importants à plusieurs générations d'utilisateurs, mais même tout ce temps écoulé depuis sa première edition n a pas fait d’elle une simple curiosité historique sans aucune utilité supplémentaire. Le Littré a servi (et comment!) pour qu’on y apprenne des choses tout à fait valables sur le bon usage des mots et expressions en langue française. On le consulte encore avec confiance pour des définitions des mots, surtout les plus importants.

Le dictionnaire original présenté ici se trouve déjà longtemps dans le domaine public, donc il n’est pas mis à jour. Mais il est encore véritablement bon d’en connaître et d’en utiliser pour le moment. Même en tant que modèle ou exemple. Cette version souffre, bien sûr, comme en fait la quasi-totalité de ce qui est disponible sous forme virtuelle, de la présence indésirable de fautes de frappe, d'une fréquence beaucoup plus importante que l'œuvre imprimée. Il est à noter un avertissement à cet effet dans la présentation de la version virtuelle. Mais rien qui ne risque de compromettre gravement son contenu incroyablement riche.

Pour ne donner qu'un exemple, au début de l'entrée exocet, nous lisons ce qui suit, sic:

"Genre de poissons malacoptérygiens abdominaux, pourvus. de grandes nageoires pectorales qui leur permettent de ... " Le point après ‘pourvus’ est clairement intrusive, mais au moins le mot suivant est en minuscules, comme si ce point n’était même pas là. Le diable est qu’il y est, merde!

Pressés en dactylographiant et sommeillés ensuite, bien sûr, mais au moins dans ce cas, sans quelque domage au consultant en dehors, il est vrai, de la laideur. Et dans un travail avec tant de mérites! Que faire?

La précision dans le choix des mots et des exemples, la clarté, la concision et l'objectivité dans la définition, les critères rigoureux de soumission, bref de toutes les façons, le Littré surmonte bon nombre des dictionnaires d’aujourd’hui.

Après le titre, pour chaque entrée, il y a toujours une classification grammaticale du mot, presque toujours suivie de quelques informations succintes mais combien pertinentes quant à son utilisation en tant que mot, qui peuvent bien être quelques détails sur la prononciation (à l'époque de l'auteur, l'alphabet de l'Association phonétique internationale était loin d'être inventé, mais la figuration de la prononciation qu’il utilise est très bonne, et effectivement guide l'enquêteur où il se fait nécessaire), ou sur la flexion du mot, ou quelconque information de cette nature que le terme français demande. Nous pouvons donner en toute sécurité la règle la plus générale à tous les cas où aucune de ces informations sont présentes. Raffinement comme celui-ci, seulement les excellents dictionnaires peuvent offrir.

Les définitions sont d’habitude très précises. Appliqué la règle pratique de la substitution, nous constatons qu’elles fonctionnent toujours, une beauté. Dans tous les acceptions enregistrées, l'exemplification est abondante de son bon usage, extraite à l'ensemble des oeuvres des auteurs les plus consacrés.

A la fin, une section étymologique. Il en coûte avoir de la bonne volonté là, une fois qu’avec ce qui était connu en temps de Littré, il a vraiment fait ce qu'il était possible, avec d’indiscutables compétence, sens du sérieux et responsabilité. Même où il se trompe, il souleve de toujours très bien-fondées hypothèses en fonction de ce qu'il dispposait. Sur les étymologies, par conséquent, c'est toujours mieux de les vérifier dans les meilleures sources actuelles, pourtant cet ouvrage fournit également des services parce que beaucoup de ce qu’il y régistre n'a jamais été contesté.

Le Littré n'est pas, bien sûr, un travail définitif pour les étymologies. Il a déjà reçu plusieurs révisions à la lumière de nouvelles études. Ce fait, incidemment, s'applique également à tous les dictionnaires suivants.

Obsolescence comme ouvrage de référence n'est qu'une question de temps pour n'importe quel dictionnaire. Quand l’ inévitable obsolescence arrive aux meilleurs dictionnaires en cours, le Littré existera encore au moins comme une référence respectée.

Seulement à titre de comparaison, aujourd'hui, il y a ceux qui suivent encore, ceux qui écoutent l'œuvre de compositeurs tels que Bach, Beethoven, Mozart et quelques autres bien comme ceux qui cherchent à les étudier en se penchant sur eux pendant des années, des décennies, nest-ce pas? Pour tout ce que ces œuvres représentent et sont, on ne peut qu'espérer que ses amants continuent toujours d'exister.

Ce que ces œuvres sont pour la musique, correspond à ce que le Littré est pour la lexicographie, sans hyperbole.

mardi 25 août 2009

patrimoine humain

des maisons de toutes les couleurs
comme la vie pleine de toutes les couleurs
avec des miroirs d’or et d’argent
où se reflètent les souvenirs des villes
et des rues qui n’ont pas encore vécues

de ces villes et de ces rues
(comme on en rève parfois)
sorties d’une histoire calme
de mots d’espoir
ou d’un sourire sur un visage inconnu

quelques fois avec un peu de tristesse
un jour de pluie où les immeubles de la grande ville
se reflètent dans de larges flaques d’eau sur le bitume...

mais quelque part,
un homme chante.